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    Sauts conceptuels et fossés épistémiques – bref exercice d’« exorcisme » sur la dichotomie esprit – monde

    Auteur(e) : Ana Maria Ciaunica

    L’objet de cette présentation est une analyse critique de ce que j’appellerai le présupposé idéaliste du point d’Archimède épistémique. Mon étude procède en deux étapes : dans un premier temps je présenterai une version simplifiée et synoptique du trajet habituel que suivent les théories qui « tombent » ou provoquent des fossés explicatifs, pour indiquer ensuite – en me ralliant au point de vue défendu par J. McDowell (1994) – non pas une alternative de réponse à ces problèmes, mais plutôt une option qui consiste en à « exorciser » les « mauvaises » questions.  Je vais ensuite combiner deux thèses récemment exposées par respectivement J. Heil (2003) (« against the Picture Theory ») et T. Williamson (« against luminosity ») (2000 et 2007) thèses qui, bien que venant de deux filières théoriques distinctes (la philosophie de l’esprit et l’épistémologie), se soutiennent mutuellement et semblent destituer, par ricochet, la légitimité du sujet connaissant, d’investir un rôle dont la transparence épistémique et la neutralité ontologique lui assureraient en quelque sorte – parfois sous des formes hautement sophistiquées – une « prise » privilégiée sur le monde. Il ne s’agit pas de reprendre ici le débat classique autour de la démarcation « première – troisième personne », mais plutôt de signaler en quoi la distribution même sur l’axe divisant le subjectif et l’objectif repose sur une hypothèse de base hautement suspecte.

    Abstract long, ou article en entier : lien vers le document en pdf

    Commentaires

    1. Commentaire de Ana Maria Ciaunica - le 27 juillet 2009 à 20:52

    J’ai fait quelques modifications dans mon abstract, pour plus de « transparence»  quant aux auteurs et thèses sur lesquels je compte m’appuyer dans ma présentation.

    2. Commentaire de Julien Dutant - le 29 août 2009 à 13:59

    Bonjour,

    Merci! Il y a quelques choses qui ne sont pas encore « transparentes»  pour moi:

    • Dans la caractérisation de ce qu’est un « saut conceptuel» , que signifient « passer»  d’un niveau d’explication à un autre, ou « traverser la zone intérmédiaire»  entre deux niveaux; ou dire qu’il s’agit d’une « opération complémentaire d’un fossé explicatif»  ou le « visage nocturne»  dudit fossé?
    • La thèse selon laquelle dans tout dualisme, le couple de concepts « esprit-corps»  « forme un ménage à trois»  avec le concept de monde: est-ce à dire que tout dualisme est un « trialisme» ?

    En tout cas la thèse annoncée (que l’approche hypothètico-déductive en science implique le fondationnalisme épistémique et ontologique) semble très forte, j’espère que je pourrai venir assister à sa défense!

    A bientôt,

    J

    3. Commentaire de Julien Dutant - le 29 août 2009 à 14:01

    (Oops, j’oubliais de signaler le commentaire ci-dessus. Ana-Maria: j’ai posté un commentaire sur ton abstract.)

    4. Commentaire de Ana Maria Ciaunica - le 29 août 2009 à 23:12

    Bonjour Julien,

    et merci pour ton commentaire.
    Je vais essayer de te répondre aussi brièvement et clairement que possible (le reste sera développé dans mon exposé):
    a) un « saut conceptuel»  est, à mes yeux, un passage « en force» , un passage maquillé, d’un type d’entité à une autre, inséré plus ou moins subrepticement, afin d’assurer la cohérence d’ensemble d’un discours. (le meilleur exemple qui me passe par le tête est la « saisie d’une pensée»  chez Frege). On ne sait pas trop comment on peut passer du niveau « psychologique»  au niveau « objectif»  d’une pensée. Bref, les « zones de lisière»  sont toujours un peu embarrassantes.
    b) Proposer un « tri!alisme»  ce serait répéter tout simplement l’erreur des « dualismes» . Ce que j’essaie (enfin, j’essayerai) de montrer c’est que le point de départ est mal choisi.
    Je ne peux que te remercier pour ton commentaire. Je n’avais pas considéré ma thèse de départ « forte» . Mais si elle l’est, alors ce sera un plaisir pour moi de la défendre.
    à très bientôt!
    Anna C.

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