What limits to meta-perceptual knowledge?
Auteur(e) : Anna Loussouarn
According to Williamson (2000), the KK-principle, according to which ‘if one knows that p, then one knows that one knows that p‘, (Hintikka, 1962), does not apply for inexact knowledge. Indeed, the notion of reliability required for inexact knowledge inolves principles of margin for error. In a situation of inexact knowledge, it appears that if one accepts both the KK principle and the principle of margin for error, then, one can derive clearly false propositions. One consequence of Williamson’s argument is that for all cases of perceptual knowledge, there is one level of meta-perceptual knowledge at which knowledge cannot be iterated at the higher-order level (eg. ‘I know that I know that I know that p’, but ‘I do not know that I know that I know that I know that p’).
Dokic and Egré (to appear) have objected to Williamson’s argument that it neglects the modularity of knowledge – according to the authors, one should distinguish between perceptual knowledge and reflexive knowledge (that I will refer to as meta-perceptual knowledge, in order to specify that it refers to the knowledge one has about one’s own perceptual knowledge). According to Dokic and Egré, one can accept both the KK-principle and the margin for error principles, if one acknowledges the modularity of knowledge.
In my presentation, I would like to read this discussion anchored in formal epistemology at the light of the literature on meta-perception, coming from cognitive philosophy. More specifically, I would like to confront the different theses formulated by Williamson and by Dokic and Egré, to two different conceptions of meta-perception (ie. ‘Theory-based meta-perception’ and ‘Experience-based meta-perception‘, Koriat and Levy-Sadot, 1999), defined in cognitive philosophy.
Abstract long, ou article en entier : lien vers le document en pdf
Commentaires
2. Commentaire de Fabien Schang - le 1 juillet 2009 à 16:17
Je m’insère rapidement dans ce débat sur la méta-perception, qui n’est pas de mon ressort.
Un simple détail d’ordre logique, sur lequel je voudrais revenir: pourquoi l’itération de la connaissance devrait-elle être rejetée, pour un ordre i indéterminé tel que (Ki)p serait faux alors que (Ki-1)p serait vrai?
Prenons le problème dans le sens inverse: si l’on affirme que savoir que l’on sait est équivalent au savoir simple (Kip, où i = 1), alors toute connaissance de p d’ordre i indéterminé est équivalente au simple fait de savoir que p: Kip Kp.
L’argument de Julien est comparable à celui que Cargile avait utilisé contre la thèse d’équivalence KK de Hintikka (selon laquelle Kp KKp), dans « A note on ‘iterated knowings’» , Analysis 30, 1970, pp. 151-5. Auquel Hintikka avait répondu qu’une connaissance d’ordre indéfini n’est pas IMPOSSIBLE, mais simplement TRIVIALE: savoir que l’on sait que … que l’on sait ne dit rien d’autre que le fait que l’on sait.
A moins que Williamson refuse l’équivalence KK pour les cas de connaissance perceptive, auquel cas le théorème logique épistémique de Hintikka ne serait pas valable indépendamment du contenu propositionnel en question. Et si tel est le cas, pourquoi?
FS
3. Commentaire de Fabien Schang - le 1 juillet 2009 à 16:20
Pardon: j’ai utilisé dans mon commentaire précédent des symboles logiques qui ne sont pas identifiés ici. Je reprends donc, correction à l’appui:
Prenons le problème dans le sens inverse: si l’on affirme que savoir que l’on sait est équivalent au savoir simple (Kip, où i = 1), alors toute connaissance de p d’ordre i indéterminé est équivalente au simple fait de savoir que p: Kip = Kp.
L’argument de Julien est comparable à celui que Cargile avait utilisé contre la thèse d’équivalence KK de Hintikka (selon laquelle Kp = KKp), dans « A note on ‘iterated knowings’» , Analysis 30, 1970, pp. 151-5. Auquel Hintikka avait répondu qu’une connaissance d’ordre indéfini n’est pas IMPOSSIBLE, mais simplement TRIVIALE: savoir que l’on sait que … que l’on sait ne dit rien d’autre que le fait que l’on sait.
A moins que Williamson refuse l’équivalence KK pour les cas de connaissance perceptive, auquel cas le théorème logique épistémique de Hintikka ne serait pas valable indépendamment du contenu propositionnel en question. Et si tel est le cas, pourquoi?
FS
4. Commentaire de Cédric Eyssette - le 2 juillet 2009 à 22:49
Salut Fabien. Normalement tu dois pouvoir éditer ton propre commentaire. Ce n’est pas la peine de poster un autre commentaire, tu peux faire la modification directement en cliquant le lien “Éditer”. Si ça ne fonctionne pas, envoie-moi un mail pour me le signaler.
Je viens d’ajouter sur ce site la possibilité d’écrire des symboles logiques, en utilisant la syntaxe Latex.
Il suffit d’écrire sa formule latex entourée de deux signes dollars :
Un petit test ci-dessous :
Essai 1 :
Essai 2 :
Essai 3 :
Essai 4 :
Si vous ne voyez pas les formules s’afficher, dites-le moi.
5. Commentaire de Anna Loussouarn - le 3 juillet 2009 à 12:27
Salut Julien !
Merci de ta remarque, qui est tout à fait pertinente. Je vais d’ailleurs changer le titre de ma présentation, et proposer plutôt quelque chose comme : « Y a-t-il une limite à la connaissance méta-perceptive ?» , ou encore : « Quelles limites à la connaissance méta-perceptive ?» .
Néanmoins, je pense que ta remarque ne met pas en cause l’intérêt qu’il y a à analyser le débat sur le principe d’introspection positive à la lumière des différentes conceptions de la méta-perception discutées en philosophie cognitive (je crois que ce n’était pas ce que tu prétendais, d’ailleurs !).
Une petite précision à mon tour. Une raison pour laquelle je me suis intéressée à la connaissance méta-perceptive de second ordre est que c’est ce niveau qui est le plus discuté dans la littérature portant sur la métacognition perceptive. Une autre raison est que l’argument de Dokic et Egré pour préserver le principe d’introspection repose sur une distinction entre la modalité en jeu dans la connaissance de premier ordre (en l’occurrence, perceptive) et celle en jeu dans la connaissance de second ordre (et aux ordres supérieurs, dite « réflexive» ).
En conséquence, à partir d’une analyse des différentes conceptions de la méta-perception de second ordre discutées en philosophie cognitive, on peut je crois, discuter la thèse de la modalité de la connaissance de Dokic et Egré, et la thèse de Williamson (telle que tu la formules, i.e. pour toute connaissance perceptive, il existe un niveau d’itération de connaissance qui est impossible). Mais en effet, à partir d’une telle analyse, je dériverai des conclusions sur les limites de la connaissance méta-perceptive, plutôt que sur la possibilité de concevoir une connaissance méta-perceptive.
Quant à ta question Fabien, Williamson rejette l’itération de connaissance (ie. le principe d’introspection positive), pour la connaissance perceptive, sur la base de l’invocation de principes de marges d’erreur, (qui valent plus généralement pour la connaissance inexacte, selon Williamson). J’en parle plus en détail dans mon abstract long, qui est accessible je crois.
A bientôt !
Anna
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1. Commentaire de Julien Dutant - le 1 juillet 2009 à 13:29
Ciao Anna! Ce papier a l´air trés intéressant, je me réjouis de l’entendre! Notamment en effet pour savoir si dans les modéles de méta-cognition perceptive celle-ci devrait ou non hériter des propriétés de la perception de premier ordre.
Juste une remarque: il me semble que l´argument de Williamson n´implique pas stricto sensu que la connaissance de second ordre est possible (sinon Williamson adopterait une forme de scepticisme), mais plutot que pour n’importe quelle connaissance perceptive non-triviale, il existe nécessairement un niveau d´iteration de connaissance qui est impossible (e.g. je sais que je sais que je sais que l´arbre fait plus de 10m, mais je ne sais pas que je sais que je sais que je sais que l´arbre fait plus de 10m)…
A+
J