Méditations sur le rationalisme

Méditations sur le rationalisme

La méthode cartésienne repose sur la raison pure. Descartes voulait que chacun acquière la science sans autrui. Or, toute idée est-elle innée ? L’expérience et les sens précèdent la raison.

    Abstract
    Cet essai interroge les fondements du rationalisme cartésien en opposant sa vision de la raison pure à une approche plus empirique et sceptique du savoir. En examinant la place des idées innées et le rôle de l’intuition, il met en évidence les contradictions du rationalisme, notamment son lien étroit avec le théisme et son raisonnement circulaire. À travers une analyse critique de Descartes et une mise en perspective avec des penseurs tels que Bachelard, Newton et Kant, il défend l’idée que la connaissance ne peut se construire uniquement par la raison, mais qu’elle repose avant tout sur l’expérience et la perception sensible. Ainsi, loin d’être absolu, le rationalisme se voit limité dans sa capacité à faire progresser la pensée humaine.

      La méthode Cartésienne vise l'usage entier de la raison, il suppose que les appétits et les précepteurs nous dévie de la raison. Malgré ça, Descartes, voulait, à travers ses travaux, que toute personne peut acquérir toute la science que lui est nécessaire sans rien emprunter d'autrui. Sa philosophie dicte que seules les œuvres établies par une seule entité peuvent être les plus raisonnables. C'est pourquoi les ordonnances divines sont les seules capables d'établir la société la plus réglée. Descartes ,le fondateur du rationalisme, devait sa méthode à dieu qui selon une lettre au Révérend Mersenne "Je tâche à démontrer l'existence de dieu " Or, au lieu de chercher par lui même, il a choisi de la présenter comme le fondement de sa philosophie. Par contre, personne ne peut compter sur lui même pour acquérir la science nécessaire à son illumination tout seul. Si c'est vrai, pourquoi on trouve la nécessité des ouvrages et enseignants ? Lui, Descartes, en avait plusieurs et c'est sa déception de ses maitres qui lui a conduit normalement à ce propos. Le rationalisme est si définitif et si absolu qu’on ne peut jamais avancer en optant cette doctrine. Tandis que le scepticisme nous permet toujours d'aller de l'avant et de conduire de nouvelles expériences et fonder de théories plus avancées et plus inclusives. L'histoire des sciences est la plus irréversible des histoires disait Bachelard. Sur ce point, seulement le scepticisme saute aux yeux. Il admet qu'il y a un cercle où les expériences sont plus avancées que ses précédentes et les théories sont plus précises. Newton disait qu'il était capable de voir loin parce qu'il se posait sur les épaules des géants. Et ce cercle tourne et tourne jusqu'à la fin des temps. Le rationalisme ne laisse pas l'opportunité comme la plupart des paradigmes à faire mieux en offrant de nouvelles pistes ou des réflexions. Encore plus, il nous prive de notre esprit inventif et avide de savoir sous le prédicat que les idées ne peuvent être que innées. Supposant que toute idée est innée. Des idées peuvent être fausses que vraies. Est ce que toutes les idées sont des idées innées de dieu n'importe quelle leur valeur ? Disant que seulement les bonnes idées surviennent de dieu, alors d'où viennent les idées erronées. S’il était le cas, comment savoir les idées innées des fausses. Le processus de formation d'idées selon le rationalisme est si faux ou incomplet. Le fondement du rationalisme est un raisonnement circulaire : c'est du dieu que j'eusse des idées innées et dieu existe parce que notre raison nous la dicte. Il est judicieux de pointer que le rationalisme et le théisme sont dépendants. Il s'ensuit que toute atteinte au théisme est une critique au rationalisme. Et nous savons que le théisme a rencontré pas mal de difficultés surtout depuis notre époque. Dans ce cas la conjonction doit être brisée et le rationalisme doit perdre toute crédibilité à priori. Ce raisonnement n'émane pas de l'expérience du prétendant à savoir le processus de son analyse est indiqué par sa perception du cheminement de ses pensées ?
      Prenons l'exemple d'un amnésique à qui on ne dit pas la langue étrangère qui jadis parlait. On ne sait pas s’il sera dans la mesure de se rappeler de cette compétence ; si on lui donne des cours d'Allemand auquel il excelle ou échoue, peut on conclure avec une unanimité que le succès ou l'échec est dû à sa mémoire d’antan ? Serons-nous dans la mesure d'affirmer que le contenu de la sensation a été détecté pour la première fois ou non ? Peut on remercier sa mémoire revenue ou son intuition pure ? On ne sera en mesure de savoir que par définir la psyché. La psyché selon Kant est la manifestation consciente et inconsciente des capacités cognitives et intellectuelles humaines. Or que la manifestation inconsciente de l'intellect humain qui ne peut être matérialisé que par l'intuition (ou la réminiscence chez Platon et Descartes) Or l'intuition est le produit de l'expérience: un bébé apprend par ses sens que le feu brûle et désormais il commence instinctivement à ne pas s'approcher du feu ou ses parents lui apprennent ceci. L'instinct et par extension l'intuition sont le recueil des expériences passées par l'intermédiaire des sens. L'instinct est transmis par le processus de la sélection naturelle. Seuls qui ont survécu seront capables de passer leur savoir primaire recueilli par l'expérience. D'autre part, la manifestation consciente de l'intellect n'est autre que l'aboutissement de l'apprentissage et le traitement des idées perçues par l'intuition.
      En gros, on obtient le raisonnement par l'intuition, l'intuition par la perception des expériences

      En conclusion, dire que la raison est le seul moyen de former la connaissance est fallacieux. Par conséquent, ce postulat en lui même est empirique. On ne peut pas se passer de nos sens, ils devancent fondamentalement la raison qui, en outre, la construction des idées. Ces dernières viennent de l'arrangement des informations perçues. Dans notre histoire, on a appris à développer notre intuition et y croire pour survivre. Une fois ce luxe est acquis, on a commencé à aller de l'avant et à travailler sur l'interprétation des sens pour construire d'autres constats où les plus avancées forment la connaissance.

    References

    Descartes, Discours de la méthode, Texte intégral Garnier Flammarion 1966.